Éducation somatique
Le terme somatique n’est pas à entendre ici dans le sens psychologisant qui lui est donné dans le langage courant, mais dans le sens que lui donne Thomas Hanna (éducateur américain) qui le propose dans les années 1970 pour désigner un ensemble de pratiques apparues relativement dans la deuxième moitié du XIXème et la première moitié du XXème siècle, reposant sur des objectifs et des principes communs :
- Une approche holistique de l’individu, c’est-à-dire qui considère la relation indissociable entre le corps, le mental et les émotions;
- L’importance donnée à l’exercice de la perception, dans son articulation étroite avec le mouvement, comme fondateur de l’expérience singulière du sujet;
- Le principe que cette expérience singulière est au coeur du processus de transformation recherché par la pratique.
Les méthodes somatiques considèrent que le corps n’est pas à conjuguer avec le verbe avoir mais avec le verbe être : je ne dirai pas que j’ai un corps mais plutôt que je suis mon corps; mon corps n’est pas un objet indépendant de mon être au monde, il me permet de faire l’expérience de moi-même et de ce qui m’entoure, de ressentir, d’agir, de m’exprimer.
Exemples non exhaustif de pratiques somatiques : Feldenkrais, Alexander, Eutonie, Body Mind Centering®, gymnastique holistique, Pilates, Mabel Todd…
Le Body Mind Centering®️, fruit du travail de recherche de Bonnie Bainbridge Cohen depuis le début des années 1970, s’appuie sur une connaissance poussée de l’anatomie et de la physiologie du corps humain pour nourrir des représentations utilisées ensuite dans des expériences perceptives et gestuelles. L’étude du développement moteur du nourrisson et l’exploration des schèmes (que je traduirais par matrices ou pattern en anglais) qui sous-tendent notre motricité constituent un autre axe fort de cette méthode.
